Ensemble pour trois instruments avec ou sans dispositif électronique et/ou sons fixés

Wei Tsi (2008)

Pour clarinette, percussion et piano
Durée: 
7’50

Création le 1er juillet 2009 à l’église du Bouclier à Strasbourg par L’ensemble Accroche note.

 

Roger Tessier, compositeur à l’immense talent et ami de longue date, m’a sollicité pour écrire une courte pièce à l’occasion d’une journée qui lui était consacrée. Ainsi est né Wei Tsi, pour clarinette, percussion et piano.

« Wei Tsi » est le soixante quatrième signe du I Ching, dernier du livre des transformations, et qui signifie « avant l’accomplissement ». Il est formé de deux trigrammes. K’an, « l’insondable, l’eau », en dessous et Li « ce qui s’attache, la flamme », au-dessus. A la lecture du poème de René Char, « Commune présence »,  j’ai été frappé par la proximité du propos avec l’interprétation du symbole chinois, cette convergence venant conforter ma propre démarche.

Je remercie Armand Angster et l’ensemble Accroche Note, interprètes de la création mondiale de l’œuvre, pour leurs précieux conseils.

François BOUSCH

 

Face au Vent (2007)

Pour soprano, saxophone alto et violoncelle
Durée: 
5’

Création le 23 juin 2007, dans le cadre du Festival Franco-anglais de poésie, par l’ensemble Spirale de Marc Sieffert.
Poème de Max Rippon

Face au vent

À Emmanuelle HURET in memoriam (2014)

Ce magnifique poème de Max RIPPON, nommé « Vivante », est issu d’une expérience originale de sculpture sur prose à l’initiative de Jacques Rancourt, dans le cadre du 30° Festival Franco-anglais de Poésie, en juin 2007.

Il s’agit de réaliser un poème à partir de mots tirés au hasard d’un texte en prose écrit par une autre personne, article de journal, extrait de nouvelle…

Cette idée m’en a suggérée une autre ! partir d’une œuvre en cours d’écriture et prendre au hasard des éléments puis d’en faire une mélodie à partir du poème de Max RIPPON. Le jeu de miroir était ainsi démultiplié.

La création eu lieu le 23 juin 2007 à l’Institut Hongrois, par l’ensemble Spirales de Marc SIEFFERT avec Laure CHAUVRIS-DARBON, soprano ; Marc SIEFFERT, saxophone alto et Lucie DELVILLE violoncelle. Juin 2007

Je dédie cette œuvre à Emmanuelle HURET en souvenir de son engagement intense et des moments partagés au sein de l’École Nationale de Musique et de Danse de la Ville Nouvelle d’Evry (aujourd’hui CRD d’Évry Centre Essonne). Mai 2014

François BOUSCH

Vivante

Encore là

Face au vent

Tourments et mort au bout…

Pluie drue dans mes veines

Envie de pleurer

Sarcasmes

Dérision

Max RIPPON

 

Que nous sommes… (2013)

Pour mezzo-soprano, saxophone alto et piano
Durée: 
5'40

Poème de Jacques RANCOURT

Création le 8 juin 2013 à l'espace "59 Rivoli" à Paris, dans le cadre du 36° FESTIVAL FRANCO-ANGLAIS DE POÉSIE, par l'ensemble SPIRALES de Marc SIEFFERT

 

Que nous sommes

Poème que nous sommes

sensibles aux ondes courtes et aux coups de tonnerre

poèmes de nous-mêmes

entrés par la sortie et quittant sans quittance

nous promenons nos âmes au cœur des villes

mais nous nous allongeons sous des soleils couchants

 

Poèmes comme nous sommes

arrimés à nous-mêmes dans l’espace incertain

poèmes de nos ombres

catapultés sous la ligne de flottaison

nous revenons hanter la vie comme de simples passants

de simples résurgences de l’infini verbal

Jacques RANCOURT

 

Interprète: 
Ensemble SPIRALES : Anne LE COUTOUR, mezzo-soprano, Marc SIEFFERT, saxophone alto et Christine MARCHAIS, piano

Balançoire (2014)

Pour Mezzo-soprano, saxophone alto et piano
Durée: 
4'05

Poème de Shizue OGAWA, traduction Jacques RANCOURT avec la collaboration de l'auteur. 

Création le 12 juin 2014 dans le cadre du 37° FESTIVAL FRANCO-ANGLAIS DE POESIE, par l’ensemble SPIRALES de Marc SIEFFERT

 

Balançoire

Le ciel s’approche

une montagne bouge

un étang flotte

et coule

Mes cheveux s’envolent

la tête me tourne.

 

Les chaînes se tendent

se

détendent.

L’une d’elles

se

casse.

Shizue OGAWA

Traduction Jacques RANCOURT

 

Interprète: 
Ensemble SPIRALES : Anne LE COUTOUR, mezzo-soprano ; Marc SIEFFERT, saxophone alto et Christine MARCHAIS, piano

Avouer (2011)

Pour Ténor, saxophone soprano et piano
Durée: 
4 mn

Poème de Brigitte GYR

Création le 18 juin 2011 à Paris, dans le cadre du 34° FESTIVAL FRANCO-ANGLAIS DE POÉSIE par l'ensemble Spirales de Marc SIEFFERT

 

Confessions

Avouer

l’étreinte interdite dans l’eau trouble de la mare

avouer

son étroite demeure notre demeure
de porche nocturne

avouer

ce rêve de toi à moi consumé la fièvre d’un chemin empaillé et la rosée
qui au matin nous mouilla

avouer

la mort du chaton bleu dans la clairière doigté maladroit
sur un clavier

avouer

la mélancolique poussière de l’avouable

l’inavouable gaieté du geste impur 

Brigitte GYR

 

Interprète: 
Ensemble Spirales : Damien Top, ténor ; Marc Sieffert, saxophone ; Christine Marchais, piano.

Soleil Mémoire (1990)

Pour flûte, harpe et Syter
Durée: 
18’

Création le 16 février 1990, Studio 104 de Radio France, par Nicolas Brochot, flûte, Frédérique Garnier, harpe, Daniel Teruggi, Syter, François Bousch, acousmonium.

Soleil Mémoire

Depuis toujours je suis fasciné par le cosmos, source permanente de réflexion sur la relativité et les valeurs fondamentales.

Cette fascination s'exprime à travers quelques oeuvres aux titres évocateurs : Rêve au Soleil des Ombres, Source de Vie-Lumière, Paysage magnétique, Espace-Temps, Forces Vives, Spirales Insolites, Pluie-Lumières, Quasar… . Soleil-Mémoire tente d'exprimer cet extraordinaire phénomène qui met sous nos yeux tournés vers le ciel tous les passés, du plus récent au plus lointain, simultanément. (la vitesse de la lumière - mémoire du temps - symbolisée ici par le Soleil).

Soleil-Mémoire, commande du GRM, est écrit pour flûte(s), harpe et SYTER; la partie de SYTER est pensée comme une partie de musique de chambre - le geste y revêtant la même importance - dont l'écriture tente de s'intégrer à celle des deux autres instruments.

Cette oeuvre se propose de "jouer" avec les interactions de trois éléments fondamentaux, la matière, l'espace et le temps, de telle façon que la trajectoire de l'un donne une signification musicale à ses conséquences sur les autres.

Travail sur la matière : du silence au bruit en passant par le son pur, le spectre harmonique et le spectre inharmonique.

Travail sur la profondeur de champs : plus seulement la superposition de lignes contrapuntiques avec des plans de registres, mais aussi la superposition de plusieurs couches qui affleurent et se masquent et que l'on perçoit comme la biologie de la matière dans l'espace (volume, localisation, déplacement/trajectoire) et le temps.

Les moyens électroacoustiques sont alors indispensables à l'expression dans sa complexité ; il faut essayer d'en respecter la logique interne, et tenter de ne pas écrire les parties instrumentales (ou vocales) comme s’ils n'existaient pas, ou bien comme s’ils n'étaient qu'un halo, une "sauce" pour séduire l'écoute.

Avec ces moyens, les notions de densité et de virtuosité instrumentale sont remises en question, tant il est vrai qu'il existe des perceptions différentes : son instrumental acoustique, son instrumental acoustique amplifié, son électrique, électronique analogique, numérique. Autant de moyens, autant de perceptions, autant d'écritures adaptées. La difficulté résidant dans le mélange des moyens et la confusion perceptive.

Structure et "substance" s'appuient notamment sur la série de Fibonacci, le nombre d'or et la suite des nombres Premiers, tant dans le domaine des proportions, des durées, que dans celui des hauteurs, des modes de jeux...

A partir d'un spectre de sol dièse "haut", (octave -3), j'ai choisi 8 harmoniques communes aux spectres de do et fa dièse 0, pour établir des zones attractives. Le rythme naît de cette matière, de ses battements, ses grains, ses entretiens comme de ses attaques.

Avec Soleil-Mémoire,  je me suis confronté pour la première fois au monde passionnant de SYTER, en utilisant ce qui me semblait le pari le plus difficile : intégrer un système de traitement du son en temps réel à une écriture instrumentale.

Je remercie mes interprètes, Nicolas Brochot, Frédérique Garnier et Daniel Teruggi pour leur enthousiasme, leurs judicieux conseils et leur précieuse collaboration, et l'INA-GRM pour son accueil chaleureux et son soutien.

François BOUSCH

La critique.

Soleil-mémoire de François Bousch est à mon sens l’œuvre la plus mûrie de la soirée. L’interaction des sons instrumentaux, produits par les flûtes (Nicolas Brochot), la harpe (Frédérique Garnier), et du SYTER de Daniel Teruggi est, de toute manière une solution musicale d’avenir (et de présent aussi d’ailleurs).

L’utilisation du SYTER complique le jeu et crée un effet scénique, tréâtral, auquel on ne peut rester indifférent. Si l’acousmatique est un au-delà de la musique, la tranformaiton « en temps réel » permet un  au-delà de l’acousmatique, qui ajoute un élément magique non négligeable.

La flûte devient instrument à percussion, caisse de résonance. Que la harpiste brosse ses cordes comme une élégante démêle sa chevelure et l’on entend aussitôt passer un train ! Tel est le mystérieux paradoxe de cette musique par ailleurs très euphonique et semée de discrets repères tonaux. François Bousch est de l’Itinéraire, pays d’un bonheur acoustique contemporain. Cela s’entend.

Jacques Bonnaure, La lettre du musicien n°84

 

En chasseurs de sons, donnant vie à l’insignifiant, au non-perçu, Bertrand Merlier avec « Transitions » et François Bousch auteur de « Soleil  Mémoire », ont travaillé sur la matière, d’une écriture s’intégrant aux dialogues flûte et harpe, révèlant un langage au confluent des sciences et de l’art.

Le Dauphiné 8 juillet 1992

 

Commande de l’INA-GRM

Résonances Suspensives (1985)

Pour Ondes Martenot, piano, percussions, sons fixés et dispositif
Durée: 
10’

Création le 14 mars 1985, dans le cadre de l’émission « Musique à découvrir », Studio 106 de Radio France, par le Trio Deslogères. Dispositif : François Bousch

Résonances suspensives, commande de Radio France, est écrit pour Ondes Martenot, piano, percussions, bande magnétique et dispositif de traitement électroacoustique, et crée en 1985 par le trio Deslogères.

Un son-résonance extraordinaire au spectre très particulier, provoqué en imprimant un léger décalage du clavier à partir du sol 0 de l'onde Martenot est à l'origine de l'idée de l'oeuvre.

Ce son est développé en une suite de spectres, aux relations imbriquées.

Les procédés d'écriture tant instrumentale qu'électroacoustique font appel à la modulation de fréquence, la modulation en anneau, le filtrage, l'écho…

Un son quasi inaudible (fa#8) sert de pédale invisible, puisqu'il est respectivement la 240, 227, 202, 170, 135, 101, 48 et 30ème harmonique du son générateur initial.

François BOUSCH

 

Commande de Radio France

Musique pour le film de Georges Méliès « un locataire diabolique » (1973)

Pour clarinette, guitare électrique et percussions
Durée: 
5’

Création en juin 1973 dans le cadre d’un festival du film muet, au Théâtre de Boulogne- Billancourt, par des étudiants du CNSM de Paris

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